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Camp des Alliers à Angoulême

Publié le : 12 décembre 2013

Le 26 septembre, Philippe Lavaud, maire d'Angoulême remettait à Alexienne Winterstein, par l'intermédiaire de sa petite fille, la médaille de citoyenne d'honneur de la Ville d'Angoulême comme le rapporte le journal Sud-ouest. Un tel évènement est rare et L'Alpha s'est interrogé sur les raisons de cette nomination. Il s'avère qu'Alexienne, aujourd'hui âgée de 88 ans, a vécu entre 1940 et 1946 dans le camp d'internement des Alliers à Angoulême et que son histoire est racontée dans un roman fort intéressant et particulièrement bien documenté, écrit par Paolo Pigani.  N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures nous décrit le quotidien d'Alba, petite manouche de quatorze ans, et de sa famille, internée dans des conditions particulièrement difficiles.

La camp d'internement des Alliers a été aménagé en 1938 au sud-ouest d'Angoulême en bordure de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux. De juillet 1939 à août 1940 il a été occupé par environ 800 réfugiés espagnols, chassés de leur pays par les troupes franquistes, avant leur départ pour Mauthausen.

En octobre 1940, la Kommandantur d'Angoulême ordonne au Préfet de rassembler tous les tsiganes de Charente et de Charente-Maritime et de les conduire au camp des Alliers, à Angoulême, où ils retrouvent la soixante de tsiganes évacués de Lorraine en septembre 40.

Durant six longues années environ 350 personnes (dont près de 60 % d'enfants) sont retenues prisonnières dans des baraques délabrées, sont confrontées au manque de nourriture, aux maladies cutanées. Les hivers sont particulièrement difficiles : le nombre de poêles est insuffisant pour chauffer les baraques et la pénurie de charbon et de bois de chauffage se fait cruellement ressentir.

Pour pallier le manque de nourriture, les tsiganes ont été autorisés à cultiver un petit lopin de terre au fond du camp.

Les hommes peuvent sortir du camp pour aller travailler et ainsi assurer une partie de leur subsistance. Ils sont employés dans l'agriculture ou bien à la poudrerie ou encore  à la fonderie de Ruelle.

Fidèles à leurs métiers traditionnels, les femmes tressent de la vannerie qu'elle sortent vendre en ville.

Quant aux enfants, deux soeurs apprennent le français à ceux qui ne le comprennent pas, et à lire et à compter à ceux qui le pratiquent.

La camp d'Angoulême est le dernier camp occupé en France, il ne sera fermé qu'en mai 1946.

Les tsiganes ont perdu tous leurs biens pendant ces longues années. Ils n'ont jamais été indemnisés et ont dû recommencer leur vie à zéro sans aucune aide :  une raison de plus d' être encore un peu plus méfiants à l'égard des "gadjé"...